Les Troquets jardins ont commencé (prochain le 11 juin)

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TROQUETS Culture Tout-Terrains

Programme deuxième semestre 2014

Lieux de convivialité et d’échanges, les jardins sont aussi des lieux où peut se libérer la culture, et la culture sous toutes ses formes : culture pratique, agrobiologique et manuelle, mais aussi artistique, festive, politique ou scientifique !

Ces « troquets culture tout-terrains » se proposent une fois par mois de discuter des usages du jardin. On constate en effet aujourd’hui le retour de pratiques liées au jardin, qu’elles soient institutionnelles ou autogérées. D’un côté, toutes les villes s’investissent pour aménager le projet national de « trame verte et bleue » ou se demandent comment concilier contrainte de densification des villes et environnement « soutenable ». D’un autre côté, un peu partout, l’agri-culture jardinière est en marche, portée par des individus ou des collectifs : jardins nourriciers, jardins de solidarité ou jardins de résistances apparaissent en milieu urbain ou rural, des champs de Notre-Dame des Landes aux fermes et squat-potagers des Lentillères à Dijon, ou encore dans les multiples réseaux de jardins collectifs et partagés qui fleurissent, à Grenoble, en France et ailleurs.

L’idée du cycle de rendez-vous collectifs que nous proposons, associant culture et jardins, a elle-même germé en février 2014, lors d’une mobilisation de soutien aux potagers universitaires des Jardins d’utopie-s : nés en 2006 sur la fac de Grenoble, au cours du mouvement social anti-CPE, les Jardins d’Utopie cultivent depuis 8 ans des légumes, des fruits, ainsi que de l’imagination et de l’esprit critique sur les problèmes d’écologie, de politique et de société. Malheureusement, en octobre 2013, les autorités universitaires, certainement inquiètes de la démarche indépendante et autogestionnaire des jardins d’utopie, ont lancé une procédure judiciaire à leur encontre : la procédure d’urgence a été invalidée par le tribunal administratif en janvier 2014, mais la menace juridique plane toujours sur les potagers.

Une des idées-clés qui a nourri l’histoire du collectif des Jardins d’utopie-s : l’université, comme lieu d’apprentissage et de formation humaine où se construit en partie la société de demain, doit pouvoir permettre à chaque étudiant-e et à chaque personne de s’initier aux savoir-faire agro-jardiniers, et de se sensibiliser par ce biais aux enjeux de la relocalisation des activités sociales et économiques, et au renforcement de l’agriculture paysanne. Il s'agit aussi de rappeler que l'échange des savoirs est un mode de réflexion et d'apprentissage qui a toute sa place à l'université.

Le but de ce cycle, au-delà de la sauvegarde d’une initiative, est celui-là : Amener chacune et chacun à s’intéresser ou à participer de plus près aux enjeux des pratiques jardinières et agricoles solidaires, sur tout espace de culture et de vie humaine, à l’intérieur et au-delà de l’université ! Plus largement, il s’agit, à travers le jardin, d’ouvrir des débats sur la société actuelle : vecteur d'imaginaires complexes et contradictoires (lieu de l'utopie ou de la tentation, lieu de l'intime ou lieu public, lieu de repos ou de travail, etc.), le jardin permet de réfléchir aux attentes de la société, à ses nouveaux modes d'organisation ou à l'évolution de sa perception de l'urbain, de son rapport à la technique et à la technologie, etc.

Organisé par et ouvert à TOUT-ES celles et ceux qui veulent s’y intéresser sur le campus ou à Grenoble, ce cycle est porté par des habitant-es, des travailleur-euse-s, des étudiant-es, des activistes, des enseignant-e-s … et des humain-e-s en tout genre !

Venez nombreuses et nombreux pour échanger à ces troquets d’la culture,

autour d’un café, d’un thé ou d’autres boissons,

et pour cultiver collectivement les forces potagères !

MERCREDI 11 JUIN, 16H-18H

Fictions technologiques, jardin et agriculture

Le jardin est un lieu d’expérimentation technique et scientifique. Croisement, acclimatation, hybridation, gestion de l’eau, élaboration de serres, processus naturels de lutte contre la pollution, etc., le jardin peut être pensé comme un lieu de préservation et de diversification des variétés végétales et d’aménagement du milieu naturel. Mais ces interventions sur la nature sont aussi sources d’enjeux économiques majeurs, notamment en raison de l’appropriation et de l’invention de techniques par de grands groupes industriels hégémoniques, qui cherchent à créer des effets de dépendance : la logique du rendement supplante la connaissance des mécanismes du vivant. Ces interventions sont justifiées par des discours qui prêtent à la technologie un pouvoir non seulement d’amélioration, mais de substitution, qu’il conviendrait d’analyser dans le cadre plus large de la mise en fiction de la société contemporaine (cf. les pubs de Monsanto).

L’omniprésence de la science et des technologies dans tous les domaines du quotidien s’applique donc également au jardin. Jusqu’où s’agit-il d’aller dans la « technologisation » des jardins et de la nature ? Les bienfaits locaux d’une technologie n’apportent-ils pas des méfaits à des niveaux plus globaux ? Pourquoi remet-on aujourd’hui en question certains procédés de technique et de technologies agricoles ? Que serait une pratique véritablement écologique du jardin ? Doit-on opposer nature et technologie ?

Lieu : Jardins d’utopie

Avant, après : Et si on passait à la pratique ? – devant la BU DROIT-LETTRES

Découverte des Jardins d’Utopie, et activités agricoles aux jardins pour ceux qui veulent …

Contact: jardins-utopie@gresille.org

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